Léo Micheli : présentation, biographie

Ile corse

Le premier jour du mois de mai en 1943, il rédigeait le tract qui a inspiré au peuple de l’île de corse en France actuelle, la résistance face à l’occupation italienne de l’île durant la guerre. MICHELI Étienne Louis ou juste Léo MICHELI est une figure du monde communiste et de la résistance sur l’île de corse durant la guerre et pour la libération, avec une vie et un parcours peu communs. Il s’est éteint dans sa 98e année en France à Paris après une vie pleine de résistance sur l’île corse, en France et au-delà. Nous vous offrons un petit retour sur son histoire avant, pendant et après la guerre, les souvenirs du monde qui l’a connu, la personne qu’il a été, et les traces de la figure qu’il demeure sur l’île corse, en France, à Paris et ailleurs. 

Les origines de l’homme

Pour Louis MICHELI, la ville de Bastia sur l’île de Corse en France a été tout un monde, mais il s’agit en premier lieu de la ville où il est venu au monde. Sa vie a débuté bien après le premier conflit (guerre) mondial, le 11 du mois de novembre en 1923 par sa naissance dans un monde communiste. Louis est issu d’une mère commerçante et de Ours MICHELI, son père dont il a hérité le nom et l’attrait à la résistance. Louis est le frère cadet de Xavier Joseph MICHELI (plus tard conseiller municipal à Bastia sur l’île de corse en France).

Louis n’est pas le premier de la famille MICHELI à appartenir au monde communiste corse sur l’île. Ours MICHELI était un docker professionnel, mais a été également syndicaliste-révolutionnaire CGT, puis membre du Parti communiste (1920)  et de la CGTU (1922). Le père de Louis MICHELI a notamment joué un rôle important dans les grèves de dockers à Porto-Vecchio (sud de l’île de corse de la France actuelle) sans oublier Bastia en Corse en 1936. C’était un homme très impliqué dans les mouvements de résistance anarcho-syndicaliste.

Avant qu’il ne se marie au communisme et ne porte le pseudonyme de « Léo » pour la libération de Corse pendant la guerre, Étienne MICHELI était un amateur de football, de boxe et un étudiant dont le charisme n’est pas resté longtemps sous la couette. 

Ses débuts dans la résistance

La vie du jeune Louis MICHELI de Corse est conduite par les réalités de son temps. Le front populaire, les faits rapportés sur la guerre d’Espagne ainsi que les corses ayant combattu dans les Brigades internationales, et les manifestations publiques de résistance des corses contre l’Italie nourrissant l’intention d’annexer l’île de Corse ont participé à éveiller l’engagement anti-irrédentiste et la fougue pour la résistance que l’on connaît à Louis.

Si ses origines et ses conditions de vie sur l’île de Corse en faisaient déjà un enfant au caractère bien trempé dans la politique, le garçon n’a pas tardé à quitter l’enfance. Dans sa 13e année, il rejoint les pionniers de sa ville sur l’île Corse. À 15 ans, lorsqu’il adhère aux groupes de Jeunesses communistes (JC), il devient responsable de la bibliothèque du cercle Vaillant-Couturier de Bastia à la tête de 250 jeunes environ. Cette singularité lui a permis d’être très vite repéré au sein du parti.

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À cet effet, il entretient Dominique Lanzalavi, dans la littérature « En homme libre », et confit être allé naturellement vers le communisme. Pourtant, le communisme n’avait pas encore réussi à trouver ses marques dans cette région corse où la classe ouvrière était peu nombreuse. Sylvain Gregori, historien, estime que seulement 300 militants communistes corses étaient engagés contre le fascisme. Dominique réalisa aussi le documentaire nommé « Nom de code, Léo » sur la vie de Louis dans la résistance.

En 1939 lors de la Pâque, Étienne Louis, compagnon de Jean Nicoli, fut membre de la délégation corse s’étant rendue au congrès national des Jeunesses Communistes (JC) à Issy-les-Moulineaux aux limites de Paris en France. Dans le même temps, Berlin et Rome signent un pacte de non-agression. Cette alliance entre Hitler et Staline a été un grand carrefour dans l’histoire du Parti Communiste (PC) corse qui devient alors illicite parce qu’il avait soutenu un tel pacte.

En France sur l’île Corse, les échanges entre les différentes couches du parti deviennent difficiles. Tandis qu’ils sont nombreux en Corse à se retirer de cette lutte politique, Étienne consent à prendre en main les Jeunesses Communistes de Bastia sur l’île. Les agissements des JC de Bastia ont suppléé les failles de la région corse du PCF jusque dans l’an 1941.

1941 est l’année où il entra à l’École normale de Bastia en Corse après son admission au sein de l’ancien lycée en haut du boulevard Paoli qui est devenu le lycée Pétain. Dans cette école, Louis concours peu à peu à construire, à l’abri des regards de la police, les prémices de ce qui deviendra le Front Patriotique des Jeunes (FPJ) et le Front National (FN) en vue de l’indépendance de Paris. En effet, par une propagande d’abord communiste, puis pour le FN (Front National), Louis réussit à recruter élèves et professeurs corses.

En 1942, Étienne entra dans la troïka de la région corse du PC. Il sera nommé, chemin faisant, dans la même année, au poste responsable cadres parti pour le département par la direction du parti de zone Sud.

Image provenant d’un reportage France Télévision

Le débarquement italien

11 novembre 1942, date du débarquement italien sur l’île de Corse. Raoul Begnini et MICHELI Étienne étaient les deux seuls dirigeants du PCF à ne pas quitter Bastia. Les structures de la Résistance communiste se mettent en place et la Résistance prend réellement vie pour la libération. Étienne Louis MICHELI est désormais connu sous son nom de code « Léo ». 

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MICHELI Léo se contraint complètement à la clandestinité quand il est fiché comme meneur communiste par la police après avoir été à la tête des émeutes de Bastia. Avec Raoul, il réussit néanmoins à prendre part à toutes les entrevues secrètes du PC des corses à Bastia. 

À Porri (en France dans la haute Corse), en août 1943, lors d’une réunion clandestine du Front National, il est décidé une insurrection si l’Italie venait à capituler. C’étaient les débuts en France du communisme bastiais insulaire avec pour but la libération de la Corse.

Cette nouvelle inattendue s’avère le soir du 8 septembre 1943 : l’Italie a capitulé. L’insurrection eût lieu le lendemain, menée par le PC et le FN (Font National) à Bastia sur l’île. Les Allemands réussirent néanmoins à reprendre Bastia aux corses 5 jours après. Léo trouva refuge à Ajaccio après avoir séjourné vers le Nebbiu.

L’île de Corse ne parvint à la libération effective, que le 4 octobre 1943. Ce fut le premier département métropolitain libéré.

Encore plus de résistance

La vie de « Léo » n’a pas cessé après la libération de l’île de Corse. Il est sollicité à Alger en octobre 1943 au sein d’un régiment de tirailleurs nord-africain pour libérer la France. Il rejoint Paris en France après être démobilisé en 1945, en réponse à l’appel du comité central. Étienne MICHELI devient cadre national du PC et enseignant à l’École Centrale du parti pour continuer la résistance sous une autre forme.

Au cours d’une réunion à Paris, il critiqua le PFC pour son refus de rendre publics les crimes du stalinisme en publiant certains documents officiels dont le rapport Khrouchtchev. Cette résistance lui valut l’exclusion du parti. 

Il se reconvertit à la tête d’une SCOP en France avant de devenir, chez Larousse, cadre supérieur à Paris.

Les distinctions et les prix

La France reconnaît dans la personne de Louis, un modèle de patriotisme. Pour ses agissements dans la résistance lors de la guerre, les prix honorifiques n’ont pas manqué dans la vie de Léo. 

Parmi ces prix, il est homologué capitaine FFI. Les autres responsables ont aussi reçu des prix et ont été homologués lieutenants-colonels ou colonels FFI en raison de leur âge plus avancé que celui d’Étienne Louis durant la résistance. 

Il a été décoré à de nombreuses occasions pour sa participation à la mise sur pied de la Résistance insulaire. Pour ses 70 ans, Louis reçut la Légion d’honneur.

Louis a toujours gardé en cœur ses « compagnons d’armes », dont Jean Nicoli. Livres, revues, documentaires, beaucoup de littérature évoquent les mérites de l’homme.

Paris, la capitale de la France a été le lieu de d’expiration de la vie d’Étienne dans sa 98e année le le 31 août 2021. Depuis, les hommages se multiplient en France, et même au-delà. Michel Stefani retrace l’histoire de sa vie dans une longue lettre.

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